Il y a des journées qui laissent un drôle de goût. On rentre chez soi avec plus de questions qu’en arrivant. Rien n’a été décidé. Aucune solution n’a émergé. La réunion semble avoir tourné en rond. Le lendemain, lorsque quelqu’un demande ce qui a été accompli, il est difficile de répondre. Pourtant, ce sont parfois les journées les plus précieuses. Elles ont simplement produit quelque chose qui ne figure dans aucun planning.

Une meilleure question. Nous aimons croire que le travail consiste à apporter des réponses. C’est rassurant. Une réponse donne l’impression d’avancer. Une question, elle, donne souvent l’impression de reculer. Mais il existe une étrange injustice. On peut passer des semaines à construire une réponse brillante à une mauvaise question. Et quelques heures seulement à découvrir celle qui méritait d’être posée.

La différence est invisible sur le moment. Elle devient évidente plusieurs mois plus tard. Chercher n’est pas un détour avant le travail. C’est parfois la partie la plus importante. Les réponses construisent des solutions. Les bonnes questions, elles, choisissent le monde dans lequel ces solutions auront un sens.